Exposition Étoile Fauve

 

Exposition Alice Marie Martin, Étoile Fauve, 19 novembre 2022-21 janvier 2023, L’attrape-couleurs, Lyon

En Résonance avec la Biennale d’art contemporain de Lyon

Coordination générale, médiation.

 

« Nos pas crissent sur le sol encore humide après la nuit. Le souvenir est lointain, à tel point qu’il se confond avec un songe candide que j’aurais vécu éveillée.

Il est tôt et il me semble apercevoir entre les brins d’herbe des nuances de jaune, d’or et d’argent. Parfois le souvenir s’estompe ; alors, dans ma mémoire se côtoient les animaux et les fleurs, le soleil et la pluie. Le parfum enveloppant des violettes qui s’étalaient sous nos pieds revient  à mes narines, me donnant la sensation de m’éveiller, comme si l’ensemble de ma vie n’était qu’un songe duquel j’étais soudain tirée. Les fleurs se mêlent comme une rémanence vaporeuse, me projetant dans ce paysage horizontal à la quiétude éternelle. Je chéris toujours le parfum des violettes, des roses et des lys même s’il est indissociable de la mélancolie. Je pensais qu’avec le temps mon âme se changerait en pierre, pourtant elle se change en fantôme. Nous avons traversé l’herbe multicolore et le chemin semblait infini ; je réalise alors que nous sommes sur une île. Je suis probablement déjà adulte, pourtant les émotions provoquées par cet instant convoquent l’enfance. Il y a des arbres, des monstres, ou peut-être les deux à la fois. La tarasque, une statue antique effondrée, les vestiges d’un royaume aux souverain·e·s étourdi·e·s. Ces colosses sont irrémédiablement attirés par le sol ; ils murmurent des paroles indistinctes qui me rappellent le souffle du vent.

Je me demande parfois si l’île existe vraiment. Parfois le champ de fleurs ressemble à un décor en carton-pâte, parfois des effluves de ton parfum surgissent alors que je traverse la rue. »  Extrait du texte de l’exposition par Alice Marie Martin

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