Zoom sur l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne

Né de la fusion en 1998 du « Nouveau Musée » fondé par Jean-Louis Maubant vingt ans plus tôt et du FRAC Rhône-Alpes créé en 1982 par le ministère de la Culture, l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne (l’IAC) possède un statut unique en France. Focus sur ses collections.

Installé depuis 1982 rue du Docteur Dolard à Villeurbanne, à la limite avec Lyon, dans une ancienne école mise à disposition par la mairie, le Nouveau Musée devenu « Institut d’art contemporain » en 1998 (avec le déménagement du FRAC installé à la Villa Gillet) possédait en 2015 -d’après le catalogue en ligne– plus de 1650 œuvres de 787 artistes, ce qui en fait l’une des plus importantes collections publiques françaises d’art contemporain et la troisième parmi les FRAC (derrière ceux de Bretagne et de Haute-Normandie).

L’ensemble des supports et des médiums se trouvent représentés : peintures, dessins, estampes, photographies, sculptures, vidéos, objets, multiples… La collection de l’IAC se démarque par la richesse du fonds photographique (près de 40% des collections), l’excellente représentation de l’art des années 1980 (les œuvres réalisées entre 1980 et 1989 constituent environ 50% des collections), et un équilibre entre artistes « stars » (Daniel Buren, Anish Kapoor, Sol LeWitt, Cindy Sherman…) et artistes émergents.

Maxime Lamarche, l'un des 20 artistes exposés dans le cadre de Rendez-vous 15 jusqu'au 8 novembre 2015
Maxime Lamarche, l’un des 20 artistes exposés dans le cadre de Rendez-vous 15

Faute de pouvoir encore acquérir des pièces historiques (à quelques exceptions près comme une œuvre de Franz Erhard Walther en 2012, ou de François Morellet en 2011…), à cause d’un budget serré, l’IAC se concentre sur l’art contemporain d’aujourd’hui -et de demain-. Une priorité qui se manifeste tant dans les acquisitions que le programme d’expositions, avec l’organisation régulière de monographies d’artistes ambitieuses (malgré l’absence de femmes-artistes depuis plus de dix ans) : Guillaume Leblon, Manfred Pernice, Berdaguer & Péjus… Tous les deux ans en outre, depuis 2009, en résonance avec la biennale d’art contemporain de Lyon, l’IAC accueille la manifestation « Rendez-vous » qui met à l’honneur une sélection d’artistes jeunes diplômés de la région et des quatre coins du monde. Soulignons que l’exposition d’un artiste à l’IAC tout comme la production d’œuvres au sein de l’institution facilitent la procédure d’achat.

Chaque année, un comité est réuni pour décider des acquisitions, celui-ci a permis en 2015 à Laurent Grasso, Nicolas Momein et Mengzhi Zheng pour ne citer qu’eux de voir certaines de leurs œuvres intégrer la collection. Si on constate, avec du recul, quelques erreurs d’appréciations (parfois au hasard des donations) au cours des décennies précédentes, il faut aussi saluer d’excellentes intuitions à l’exemple d’une toile de Gerhard Richter (Kerze n°511/1, 1982), la « Joconde » de l’Institut d’art contemporain, achetée pour plus ou moins 60 000 francs en 1984 et qui est aujourd’hui estimée plusieurs millions d’euros.

© Institut d'art contemporain de Villeurbanne. Courtoisie du musée
Dans les réserves © Institut d’art contemporain de Villeurbanne. Courtoisie du musée

Les collections de l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne sont réparties sur deux sites : l’un sur place dans un entrepôt attenant à l’espace d’exposition (exceptionnellement ouvert à la visite pour les Journées européennes du patrimoine 2015) où sont stockés les œuvres en transit ainsi que les plus petits formats (œuvres en deux dimensions, arts graphiques, travaux numériques…), l’autre dans un entrepôt, à une trentaine de kilomètres de Lyon, à Saint Quentin Fallavier, abrite les œuvres les plus grandes.

Dépourvu d’espace d’exposition entièrement dédié aux collections (seules deux œuvres sont installées de manière pérenne de part et d’autre de l’institut : un néon de François Morellet et une peinture murale de Matt Mullican), comme tous les Fonds Régionaux d’Art Contemporain de France, l’Institut d’art contemporain a pour mission première de diffuser sa collection sur le territoire régional/national/international. De rares occasions permettent de mieux découvrir la collection comme pour le 30e anniversaire du Nouveau musée fêté en grandes pompes en 2008 ou le 30e anniversaire de la création des FRAC avec une vaste exposition de l’IAC à l’hôtel de région/Le Plateau à Lyon en 2013. Régulièrement enfin, l’Institut d’art contemporain organise « collections à l’étude », une présentation in situ d’une partie des collections autour d’une thématique donnée : image mouvement en 2012, expériences de l’œuvre en 2014, dernières acquisitions en 2015…

Dans le cadre de sollicitations extérieures, l’IAC prête environ 200 œuvres par an. Le musée d’art moderne et contemporain Saint-Etienne Métropole et le musée de Grenoble bénéficient en outre de dépôts à long terme sans compter l’installation d’œuvres dans l’espace public, comme c’est le cas sur le campus de l’INSA.


Aller plus loin : Ambitions d’art, catalogue d’exposition, 2008, Les Presses du Réel.