Paris : les grandes expos de 2015, partie I

Le premier semestre 2015 s’annonce exceptionnel pour tous les amateurs d’art contemporain. Dessin, peinture, photographie, musique ou cinéma, il y en aura pour tous les goûts. Sélection de dix expositions à ne pas rater. À vos agendas !

Jérôme Zonder, Fatum. La maison rouge. 19 février-10 mai. Jérôme Zonder bénéficie en 2015 de sa première exposition monographique dans une institution parisienne. Prodige du dessin, diplômé des beaux-arts de Paris, Jérôme Zonder développe une œuvre principalement graphique (de grands formats réalisés à la mine de plomb et au fusain) alliant poésie et noirceur. Antoine de Galbert, le directeur de la maison rouge, possède plusieurs de ses dessins, montrés notamment dans le cadre de l’exposition Le mur. L’artiste a imaginé « une déambulation invitant le spectateur à pénétrer à l’intérieur même du dessin, puisque murs et sols seront en seront recouverts ».

Claire Morgan / Julien Salaud. Musée de la chasse et de la nature. 24 février-15 juin. On en rêvait depuis plusieurs années. Claire Morgan, jeune artiste anglaise soutenue par la galerie Karsten Greve et Julien Salaud, grande révélation du salon de Montrouge 2010, s’installent au musée de la chasse et de la nature ce printemps. Elle, développe une œuvre principalement faite de délicats mobiles réalisés à partir de végétaux ou de cadavres d’insectes. Lui, manie l’art de la taxidermie. Aucun des deux ne devrait avoir de mal à s’intégrer aux collections du musée, aux côtés des œuvres contemporaines de Françoise Pétrovitch, Jean-Michel Othoniel, Miquel Barceló ou Jan Fabre…

David Bowie is. Philarmonie de Paris. 3 mars-31 mai. Après avoir triomphé à Londres, Chicago et Toronto, l’exposition David Bowie is fera une escale de trois mois à Paris, inaugurant la programmation de la Philarmonie pensée par Jean Nouvel. Photographies, films, costumes, éléments scéniques, manuscrits, dessins et instruments provenant en partie des archives de David Bowie seront rassemblés pour dresser le portrait d’une icône de la musique et le panorama de quarante ans de carrière : 140 millions d’albums écoulés, des tubes à la pelle : Life on Mars ? Let’s dance, Space Oddity. En attendant de découvrir l’expo, la Philarmonie propose un site dédié.

Bruce Nauman. Fondation Cartier pour l’art contemporain. 13 mars-21 juin. Voila presque vingt ans (depuis la rétrospective organisée par le Centre Pompidou en 1997) que l’artiste américain Bruce Nauman, né en 1941, Lion d’or à la 53e biennale de Venise  -et chouchou de la rédation de paricultures-, n’avait pas bénéficié d’une grande exposition à Paris (faute de galeries ?). En étroite collaboration avec l’artiste, la fondation Cartier pour l’art contemporain présentera un ensemble de huit œuvres, pour la plupart récentes, jamais montrées en France. Un nombre d’œuvres limité qui laisse imaginer de grandes installations à l’image du Carousel (Stainless steel version).

Icônes américaines, chefs-d’œuvre du SFMoMA et de la collection Fisher. Grand Palais. 8 avril-22 juin. Paris s’apprête à accueillir quelques unes des œuvres les plus emblématiques du San Francisco Museum of Modern Art, actuellement en rénovation, en particulier les chefs d’œuvres de la collection Fisher, « l’une des collections privées d’art moderne et contemporain les plus importantes du monde ». Constituée depuis les années 1970, la collection rassemble plus d’un millier d’œuvres signées de 185 artistes parmi lesquels Alexander Calder, Roy Lichtenstein ou Andy Warhol (qui sera exposé à l’automne au musée d’art moderne de la ville de Paris).

Jérôme Zonder, Jeu d’enfants #1, 2010, collection Antoine de Galbert. Courtesy de la galerie Eva Hober

Michelangelo Antonioni. Cinémathèque française. 8 avril-19 août. Après avoir mis à l’honneur Jacques Demy, François Truffaut, et avant d’accueillir Martin Scorsese, la Cinémathèque française propose de découvrir la vie et l’œuvre du cinéaste italien Michelangelo Antonioni (1912-2007), réalisateur de L’éclipse, La Notte ou Blow Up. Manuscrits, photographies, scénarios, témoignages, correspondances et peintures témoigneront, entre autres choses, des liens priviligiés du cinéaste avec les plasticiens de son temps (Giorgio de Chirico, Giorgio Morandi, Alberto Burri) et son influence sur les créateurs contemporains (notamment Philippe Parreno et Peter Welz).

Marcel Broodthaers, musée d’art moderne à vendre pour cause de faillite. Monnaie de Paris. 18 avril-16 août. Poète, cinéaste, plasticien, Marcel Broodthaers s’autoproclama conservateur du « musée d’art moderne, département des aigles », un musée fictif tournant en dérision les valeurs officielles de l’art. Créé dans son appartement bruxellois, le musée devint ensuite mobile afin d’être présenté dans différentes villes. Son contenu différait à chaque présentation ; il pouvait réunir des reproductions d’œuvres, caisses, films… 40 ans après la fermeture du département des aigles, la Monnaie propose de le rouvrir, accompagné d’un projet spécial de Danh Vo.

Valérie Jouve. Jeu de Paume. 2 juin-27 septembre. Le Jeu de Paume consacre une saison aux femmes : Florence Henri et Taryn Simon de février à mai, Germaine Krull et Valérie Jouve à partir du 2 juin. Cette dernière exposition proposera une vaste sélection d’œuvres, photographies et films, de la fin des années 1980 jusqu’à aujourd’hui de cette artiste, anthropologue de formation devenue photographe et cinéaste. Née en 1964, Valérie Jouve appartient à la génération d’artistes « qui, en France, se sont éloignés de la grande tradition humaniste des reportages photographiques, sans cependant en rejeter complètement les éléments utiles et essentiels ».

Céleste Boursier-Mougenot, Palais de Tokyo. 24 juin-13 septembre. On ne sait presque rien de l’exposition de Céleste Boursier-Mougenot prévue au Palais de Tokyo. Celle-ci devrait se tenir -à quelque chose près- au même moment que la Biennale de Venise où l’artiste (associé avec la commissaire Emma Lavigne) représentera la France. Là-bas, l’artiste recouvrira le pavillon d’une « écume qui s’écoulera lentement du haut du bâtiment » tandis qu’à l’intérieur et à l’extérieur « des arbres mobiles oscilleront lentement sur eux-mêmes ». Artiste fabricateur d’installations mémorables, nul doute qu’encore une fois Céleste Boursier Mougenot ne nous décevra pas.

Mona Hatoum. Centre Pompidou. 24 juin-28 septembre. Sans parler de parité, les musées s’ouvrent (enfin) un peu plus aux femmes-artistes. Le Centre Pompidou consacrera cette année une rétrospective à deux d’entre elles : Mona Hatoum de juin à septembre, et Dominique Gonzalez-Foerster au second semestre, permettant une vision d’ensemble de leur œuvre. Celle de Mona Hatoum, artiste née en 1952 à Beyrouth, aborde principalement les thèmes de l’intime, de la souffrance, de l’emprisonnement… Elle se développe à travers des vidéos, des performances ainsi que des installations nourries par son expérience de l’exil et des zones de conflit.


Pour une liste plus complète, (re)lire notre billet « En 2015, 2016, 2017 à Paris« .


Image à la une : Andy Warhol, Triple Elvis, 1963, The Doris and Donald Fisher Collection/SFMOMA © Andy Warhol Foundation for the Visual Arts/ARS, New York. Courtesy de la galerie Gagosian